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Rubrique : {40. Etre Solidaire avec le Sud}

Les DESC : droits humains à faire respecter

Le vendredi 25 juillet 2008 par Webmaster

Les droits économiques, sociaux et culturels (DESC) nécessitent l’action d’ONG et d’associations pour s’appliquer localement…

Les Droits de l’Homme, dits universels et indivisibles, se trouvent pourtant actuellement scindés en deux groupes aux statuts juridiques bien différents. D’un côté le pacte relatif aux droits civils et politiques protège la vie, l’identité, la personnalité, les libertés d’action, les sécurités physique et juridique. Si ces droits sont impunément violés dans un État, la victime peut, en principe, demander au Comité des droits de l’Homme chargé de leur application de juger l’affaire. De l’autre côté, le PIDESC (Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels) est encore dépourvu quant à lui d’un protocole d’application qui permettrait de mener des actions en justice contre les États. Les DESC portent pourtant sur des aspirations humaines essentielles puisqu’ils protègent les conditions culturelles, économiques et sociales de vie (travail, sécurité alimentaire, santé, éducation, famille et culture).

Photo : Terre des hommes

Comment, dans l’état actuel du PIDESC, revendiquer ces droits ?En replaçant les acteurs locaux au coeur des projets de développement. C’est en tout cas l’option choisie par l’association Terre des Hommes qui inscrit sa démarche dans un processus d’autonomisation et de responsabilisation des populations concernées. Son objectif est de donner à celles-ci les moyens d’oeuvrer elles-mêmes pour leurs droits fondamentaux, en les aidant à se défendre dans des actions judiciaires, ou en rendant ces droits effectifs grâce à l’appui de réseaux locaux.

Agir selon le contexte et en fonction des besoins

La solidarité reste insuffisante si les aides ne sont pas mieux réparties et les actions adaptées aux besoins réels des populations locales. Ainsi, après le tsunami de décembre 2004 qui a ravagé les côtes est et sud de l’Inde, l’ONG indienne FEDINA (Fondation pour les innovations éducatives en Asie), partenaire de Terre des hommes, a choisi d’aider les personnes les plus affectées et exclues d’autres programmes : les femmes, les Intouchables, les marins pêcheurs ainsi que certains villages complètement oubliés. La création de comités villageois mixtes (pêcheurs et Intouchables) permit que les décisions sur la reconstruction soient prises en commun favorisant ainsi la réintégration citoyenne, sociale et économique des individus. Les marins pêcheurs ont par exemple pu redémarrer une activité source de revenus en travaillant eux-mêmes à la réparation des bateaux.

Photo : Terre des hommes

La population locale mise à contribution

L’argent est donc utilisé par un maximum de personnes et les bénéficiaires des fonds sont rendus actifs dans leur développement. Ainsi, c’est à l’initiative de la population d’un quartier que des Centres de santé communautaires (CSCOM) ont été créés à Bamako (Mali). Le droit à la santé ne se réduisant pas à l’accès au soin, la prévention et l’éducation à la santé y prennent toute leur part. Celles-ci se font surtout en direction des femmes, traditionnellement responsables des questions de santé dans la famille, lors de « causeries » sur des thèmes tels que l’hygiène, la grossesse, l’alimentation, le traitement des maladies, etc… Ce programme porte aujourd’hui ses fruits puisqu’on observe une diminution de certaines maladies (malnutrition, paludisme, diarrhées) et qu’on s’achemine vers un réengagement des pouvoirs publics dans des droits jusqu’à présent soutenus par des associations. La municipalité de la commune IV de Bamako devrait désormais participer financièrement à la poursuite des CSCOM.

Didier Agbodjan

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Rubrique : {30. L’accès a l’eau}

Revendiquer l’accès à l’eau

Le vendredi 25 juillet 2008 par Webmaster

Le droit à l’eau consiste en un approvisionnement suffisant, accessible et à un coût abordable, d’une eau salubre et de qualité acceptable pour les usages personnels et domestiques de tous.

Dans l’État de Tlaxcala, au centre-ouest du Mexique, les eaux du fleuve Atoyac ont toujours fourni la population en eau potable et satisfait les besoins des cultures. La croissance industrielle de ces dernières années (textile, chimie, électronique et plastique) y a provoqué de grands changements d’infrastructures. De 1996 à 2003, 61 cas de leucémie et de nombreux cancers ont été détectés, atteignant un taux cinq fois supérieur au taux national. La population a dénoncé le lien de cause à effet entre ce problème de santé et le déversement de produits toxiques dans le fleuve par le couloir industriel Quetzalcoatl. Mais l’État fédéral a longtemps choisi d’ignorer le problème.

Photo : D.R.

L’organisation Fray Julian Garcés, qui fédère un nombre important d’associations mexicaines ainsi que des universitaires, a créé le réseau régional « Pour un Atoyac vivant ! ». Accompagné par Convergencia – un groupement d’organismes mexicains pour la démocratie – et par l’ONG Terre des hommes, ils ont réalisé en 2005 une étude sur l’environnement et les droits humains, à partir d’enquêtes et en collaboration étroite avec la population. Un travail intensif de formation aux droits économiques, sociaux et environnementaux et le soutien des universitaires de la région a permis à la population d’élaborer des propositions auprès des instances publiques. Les revendications : que le rapport de la Commission nationale des eaux soit révisé par les instances fédérales de protection de l’environnement, que le secrétariat de la Santé enquête sur les cas de leucémies et cancers et que le gouvernement fédéral applique une politique de développement durable.

La réponse de l’État, dans un premier temps, n’avait consisté qu’à faire payer aux entreprises une petite taxe qui ne compensait pas les dégâts graves causés à l’environnement comme à la population locale. Mais le lent travail d’exigibilité des droits mené sur le terrain est sur le point d’aboutir à une véritable pénalisation des entreprises.

Julie Cabanne

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Rubrique : {40. Eduquer à l’environnement et à la citoyenneté}

« L’industrie télévisuelle détruit l’éducation »

Le vendredi 25 juillet 2008 par Webmaster

L’association Ars industrialis lance, sous la forme d’une pétition, un appel au président de la République et à l’Assemblée nationale pour un débat démocratique sur les excès de l’usage des technologies médiatiques et leurs effets directs sur l’éducation. Extraits.

Quel est le problème ?

En Europe, « entre un et deux tiers des enfants entre 0 et 3 ans ont désormais la télévision dans leur chambre, selon les pays et les milieux sociaux (près de 75 % dans les milieux défavorisés en Angleterre) » 1.

Aux États-Unis, dès l’âge de trois mois, 40 % des bébés regardent régulièrement la télévision, des DVD ou des enregistrements vidéo, la proportion passant à 90 % à partir de deux ans : c’est ce qu’a révélé au début du mois de mai 2007 une enquête conduite par Frederic Zimmerman, publiée par la revue Psychiatrics, confirmant les résultats d’une étude qui avait établi en 2004 que des bébés exposés entre un an et trois ans aux programmes de télévision risquent plus de souffrir d’un déficit attentionnel lorsqu’ils atteignent sept ans.

Au mois de septembre 2005, l’Inserm avait cru pouvoir publier en France les résultats d’une enquête sur les troubles de l’attention, et sur ce qui en résulte souvent sous la forme d’un trouble des conduites. Il apparut que pratiquement aucune attention n’y avait été accordée aux effets ruineux de l’industrie télévisuelle et audiovisuelle sur les toutes jeunes consciences. À ces causes, qui sont sociales et culturelles, l’Inserm avait cru trouver au contraire des bases génétiques. Cela avait conduit cet institut à préconiser un dépistage dès l’âge de trois ans des enfants supposés être prédisposés à des comportements anti-sociaux.

Illustration : Seve

Ce que confirme en 2007 la dernière étude publiée sur ce sujet par Psychiatrics, c’est que les comportements anti-sociaux liés au déficit attentionnel sont pour une très large part suscités par l’incurie d’une organisation sociale devenue ruineuse pour la vie de l’esprit parce qu’elle maltraite les consciences, et en particulier les plus jeunes, et donc les plus fragiles : celles dont il faut le plus prendre soin, et auxquelles il faut consacrer la plus grande attention à travers ce que l’on appelle l’éducation. Ce que fait apparaître cette étude, c’est que l’industrie télévisuelle détruit l’éducation.

L’attention, fondement de l’éducation

Car l’attention n’est pas une faculté simplement psychologique : c’est une compétence sociale, qu’il faut acquérir, et c’est la responsabilité des éducateurs, parents aussi bien que professionnels, de la former. Depuis Jules Ferry, qui généralisait ainsi une tâche que s’assignaient auparavant les Églises, l’école s’est vue confier par l’État-nation le rôle de former l’attention, en particulier par l’acquisition des disciplines de l’esprit attentif à ses objets selon les règles des savoirs élaborés et transmis de génération en génération.

Cependant, après la Deuxième Guerre mondiale, le système éducatif et les médias audiovisuels sont entrés en concurrence pour capter l’attention des générations nouvelles. À partir des années 80, sous la pression du marketing, cette concurrence est devenue un véritable conflit, dont le résultat présent est un désastre psychologique, affectif, culturel, économique et social. Et il ne fait pas le moindre doute que les carences attentionnelles provoquées par la captation audiovisuelle de l’attention conduisent à une fragilisation des liens sociaux telle qu’elle ne peut qu’engendrer une insécurité généralisée. […]

(1) Sonia Livingstone (ed.), Moira Bovill (ed.), Children and Young People in Their Changing Media Environment. A European Comparative Study, Lawrence Erlbaum Associates Inc., Londres, 2001.

Débattre sur quoi ?

Un tel débat devrait en particulier apporter des éléments décisionnels pour :

- les missions qu’il convient d’assigner aux médias, en particulier dans un contexte où ils sont appelés à se transformer en profondeur du fait de la numérisation, pour favoriser la reconstruction de l’attention et stopper leurs effets ruineux sur les missions d’éducation ;

- les relations qui doivent être organisées et régulées par les autorités publiques entre l’éducation et les médias ainsi respectivement missionnés dans le cadre d’un cahier des charges commun ;

- les nouvelles missions qu’il convient d’assigner à l’école et au système éducatif pour faire ainsi des médias non plus leurs adversaires, mais leurs instruments de travail […] ;

- les activités de recherche fondamentale qu’il convient d’engager sur ces sujets, et les missions corrélatives qui doivent être confiées aux universités et aux organismes de recherche en ces domaines ;

- les fonds d’aide aux programmes de recherche et de développement technologique et industriel qu’il faut mettre en place pour que se déploie en France et en Europe une industrie de la connaissance digne de ce nom.

Bernard Stiegler et Art Industrialis " Réenchannter le monde"

Le contexte politique

Le 6 mai 2007, au soir de son élection, le nouveau président de la République française, Nicolas Sarkozy, a déclaré qu’au cours de son mandat, la France ferait du salut de la planète confrontée au réchauffement climatique la première de ses priorités. Nous nous en réjouissons très vivement. Et nous voulons ici attirer son attention, et celle de la population et des nouvelles autorités publiques, sur le fait que la seule possibilité de changer le cours catastrophique des choses induit par la production excessive de dioxyde de carbone est de modifier les comportements individuels et collectifs, et d’inventer un nouveau mode de vie tout aussi bien qu’une autre organisation de l’économie industrielle.[…]

Modifier les comportements en vue de réduire la production de dioxyde de carbone ne sera possible qu’à la condition de revaloriser très spectaculairement la formation de l’attention. Depuis la société grecque, et, dans nos sociétés industrielles, grâce à l’instruction obligatoire, instituée par Jules Ferry pour ce qui concerne la France, l’éducation scolaire est le socle et le meilleur garant de la formation de l’attention. Sans doute le nouveau modèle industriel requis par la lutte contre le réchauffement climatique passet-il aussi bien par des investissements dans la recherche et l’innovation industrielle que par une politique fiscale. Mais de telles mesures ne sauraient remplacer la formation d’une plus grande attention au monde qui en est le préalable – y compris pour soutenir les nouveaux marchés de la nouvelle industrie. Questions environnementales, politique industrielle, politique éducative, règles encadrant les médias de masse et politique des nouveaux médias constituent une seule et même question. Nous pensons qu’un très large débat doit être lancé – selon ces perspectives, qui ouvrent vers un nouveau projet de société industrielle – sur la question de la formation, de la protection et du développement de l’attention dans la société des risques globaux. Ce débat doit être lancé dès maintenant, dans tout le pays, notamment dans le contexte de la campagne électorale qui commence en vue des élections législatives, puis, cet automne, sous l’autorité du nouveau gouvernement.

Que l’on doive réformer nos établissements d’enseignement est évident. Mais une telle réforme ne peut être pensée que depuis la réforme des industries de programmes qui seule la rendra possible. Et c’est d’autant plus nécessaire et urgent que celles-ci entrent en ce moment même dans la mutation qui est engendrée par les réseaux numériques.

Dans ce contexte, les pouvoirs publics, qui sont en charge de l’éducation nationale aussi bien que de la régulation des industries de programmes, ont aujourd’hui l’extraordinaire opportunité de faire en sorte que cette profonde évolution donne à notre société la chance de reconstituer l’attention qui se forme à travers l’éducation.[…]

Nous appelons en conséquence la population française, la population européenne et l’opinion publique internationale, et en particulier les parents, les éducateurs et les professionnels de la santé et de la jeunesse, à signer et à faire signer cet appel.

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Dernières brèves

Rubrique : {40. Etre Solidaire avec le Sud}

Le Canada s’excuse

Le mardi 8 juillet 2008

Le Canada a présenté ses excuses aux autochtones ayant été soumis à une assimilation forcée dans les pensionnats dirigés par des institutions chrétiennes pendant le XIXe siècle jusqu’aux années 1970. Il a été prévu une enveloppe de près de 5 milliards pour l’indemnisation des victimes.
Source Figaro

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Rubrique : {40. Etre Solidaire avec le Sud}

Des biocarburants au détriment de la production alimentaire

Le mardi 8 juillet 2008

Le Financial Times rapporte que des firmes internationales de production de biocarburants achètent des terrains en Afrique au détriment de la production alimentaire. Ainsi, sur un an, les investisseurs étrangers ont mis la main sur 110 000 km² de terrain au Mozambique, ce qui correspond à plus d’un huitième de sa superficie !

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Rubrique : {40. Etre Solidaire avec le Sud}

Danger sur Java

Le mardi 8 juillet 2008

Une centrale nucléaire doit être construite sur l’île de Java en 2010. Ce projet inquiète les écologistes et a été jugé « haram » (à proscrire), par un conseil de religieux musulmans. En effet, ce pays est régulièrement secoué par les tremblements de terre et les éruptions volcaniques. De plus, l’implantation est prévue près d’un volcan éteint… Source Développement magazine

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Rubrique : {30. Vivre en citoyen}

Droit au logement

Le mardi 8 juillet 2008

La justice a été saisie pour la première fois dans le cadre de la loi sur le droit au logement opposable. Le 15 mai, une mère hébergée dans un centre a saisi le tribunal administratif de Paris ; ses demandes de logement ont toutes été rejetées. Le tribunal a condamné l’Etat et exigé la révision du dossier.

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Rubrique : {20. Changer d’économie}

A l’aide !

Le mardi 8 juillet 2008

Un industriel du porc produisant un excès annuel de 100 kg de déjection azotée par ha au delà du seuil de 140 kg/ha/an va toucher 495 euros par hectare d’indemnités pour éviter la pollution. Un éleveur qui respecte le seuil touchera... 60 euros/ha.
Source Politis

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